Vers une police de quartier dans les zones sensibles
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Vers une police de quartier dans les zones sensibles
La ministre de l'Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a annoncé lundi la création à titre expérimental en Seine-Saint-Denis d'une police de quartier dans des secteurs sensibles.
L'opposition a aussitôt reproché au gouvernement d'avoir perdu cinq à six ans avant de "revenir à la raison", la police de proximité ayant été supprimée par Nicolas Sarkozy en 2003.
Michèle-Alliot-Marie a cependant assuré qu'il ne s'agissait pas d'un retour au système développé par l'ex-ministre de l'Intérieur Jean-Pierre Chevènement à partir de 1997 et qui comportait une bonne part de prévention.
"Ce que veux, c'est que ces unités territoriales, des groupes de policiers expérimentés ayant au moins deux ans de présence sur le terrain, connaissant notamment les commerçants et les élus locaux, puissent faire un travail de policier", a-t-elle expliqué sur RTL.
Ces unités doivent permettre "d'assurer une présence visible et dissuasive et d'identifier et d'interpeller les délinquants", a-t-elle ajouté en critiquant la "dérive" vers la prévention observée, selon elle, lorsque la gauche était au pouvoir.
Le département de Seine-Saint-Denis, théâtre des pires violences urbaines à l'automne 2005 lors de la crise des banlieues, jouera un rôle pilote avant une probable extension à toute la France.
"Ce qui compte, ce n'est pas le nom, c'est le contenu. Je ne veux pas d'une fausse proximité ou d'une mission ambiguë, ni une police qui joue le rôle des associations", a souligné Michèle Alliot-Marie.
Dans l'après-midi, la ministre a précisé lors d'un déplacement en Seine-Saint-Denis que le dispositif débuterait dès le mois de mars avec 30 volontaires sélectionnés.
Leur action portera sur plusieurs quartiers de Clichy/Montfermeil, celui du Franc-Moisin/Bel-air, à Saint-Denis, et les 4000 à la Courneuve.
UNE POLICE "PROCHE DES GENS"
L'expérimentation pourrait être étendue à d'autres départements, a-t-elle précisé lors d'une conférence de cohésion pour la Seine Saint-Denis.
"Loin de rejeter la police, vous voulez des policiers davantage présents et visibles sur le terrain. C'est d'ailleurs leur vocation. Pour y parvenir, je veux recentrer les effectifs sur leur 'coeur de métier' et adapter leurs modes d'action", a-t-elle dit.
Jean-Pierre Chevènement a jugé que ce projet "ressemblait beaucoup" à l'îlotage qu'il avait mis en place en 1997 et qu'il jugeait "solide et sérieux."
"Je suis prêt à saluer tout ce qui va dans le bon sens", a-t-il cependant déclaré sur RTL, en invitant Michèle Alliot-Marie à étendre rapidement le dispositif.
L'un des initiateurs de la police de proximité, Jean-Pierre Havrin, remercié en 2004 par Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Intérieur, s'est lui aussi félicité de voir qu'on en revenait à un système proche de celui qu'il défendait.
L'actuel chef de l'Etat avait dénoncé en 2003 lors d'un déplacement à Toulouse, alors ville-pilote du dispositif, une approche de la mission policière dans les quartiers difficiles qui privilégierait le travail "social" par rapport aux résultats, notamment en matière d'interpellations.
"On est passé de l'état de policier adversaire - bien connu dans la tradition française - à l'état de policier ennemi, ce qui est inadmissible", a déploré Jean-Pierre Havrin, ancien commissaire à Toulouse, sur France info.
Le Parti communiste s'est félicité de ce qu'il appelle "un retour à la raison" satisfaisant "la revendication des populations des quartiers populaires qui réclamaient le retour des policiers îlotiers".
Le Parti socialiste a déploré qu'on ait "perdu six années dans ce domaine pour des raisons idéologiques". "Ce que tous les maires de banlieues qualifiaient de bonne méthode pour la prévention, la dissuasion et la sanction, tout à coup, on y revient", a déclaré le bras droit de François Hollande, Stéphane le Foll, lors d'une conférence de presse.
Le PS a souligné qu'il faudrait "des moyens, des fonctionnaires pour obtenir des résultats".
Re: Vers une police de quartier dans les zones sensibles
xpdr "MAM reproche la derive vers la prevention" ...
Mon dieu ...
Mon dieu ...












