[Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
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[Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Titre original: Berserk
Auteur: Kentaro Miura
Avis sur la qualité de l'oeuvre: chef-d'oeuvre
Genre: seinen dark fantasy / drame
Parution: 33 Tomes (Japon - en cours). 28 Tomes (France - en cours).
Les références probables de Berserk
Sur le site MangaHelpers il y a des beaux posts. On y apprend de nombreuses inspirations du manga Berserk pour les décors, les personnages, armes, armures, signes, symboles etc...
On voit que l'auteur Berserk, Miura, en plus d'être un scénariste et mangaka de GIGA HAUTE facture, il s'intéresse à la culture... quelqu'elle soit. Un vrai métissage... Phénoménal !!!!
Inspirations décors, personnages, lieux, symboles, objets, armes :




























Picasso

Giger















































Et la fameuse scène qui a inspiré la naissance de Guts...

Auteur: Kentaro Miura
Avis sur la qualité de l'oeuvre: chef-d'oeuvre
Genre: seinen dark fantasy / drame
Parution: 33 Tomes (Japon - en cours). 28 Tomes (France - en cours).
Les références probables de Berserk
Sur le site MangaHelpers il y a des beaux posts. On y apprend de nombreuses inspirations du manga Berserk pour les décors, les personnages, armes, armures, signes, symboles etc...
On voit que l'auteur Berserk, Miura, en plus d'être un scénariste et mangaka de GIGA HAUTE facture, il s'intéresse à la culture... quelqu'elle soit. Un vrai métissage... Phénoménal !!!!
Inspirations décors, personnages, lieux, symboles, objets, armes :




























Picasso

Giger















































Et la fameuse scène qui a inspiré la naissance de Guts...

Dernière édition par Blacko le Mar 11 Nov - 10:30, édité 13 fois
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Excelent topic Ash! J'ai fait une petite partie du manga et je suis aussi sur l'animé et c'ets vrai qu'il y a un gros contraste, bcp de plans fixes pendant les batailles par exemple et des scenes moins détaillées mais l'ambiance est tout d'même là! Cette ambiance medievale-crado, ce côté brut aussi bien dans les lieux que dans les caracteres des personnages... j'ai vraiment accrroché sur l'univers. A lire d'urgence!
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Merci du message déjà . En fait j'ai lu les 31 volumes (merci aux scans pour les tomes non sorties) et j'ai été sidéré. Par l'histoire et par les dessins (les progrès constants de l'auteur sont incroyables, à partir du tome 20, c'est la perfection je trouve surtout si on compare aux premiers volumes. Ca fait plaisir de voir que le niveau en tout point monte en crescendo, faut le faire).
Ensuite j'ai jeté un oeil à l'adaptation de l'animé et je l'ai trouvé, par rapport au manga, pas beau du tout. Ca m'a tellement déçu que j'ai regardé en diagonale. L'ambiance dans l'anime est bien retranscrite, le souçis vient des dessins, la censure de certaines scènes qui ont leur valeur et ça s'arrête trop tôt.
Ensuite j'ai jeté un oeil à l'adaptation de l'animé et je l'ai trouvé, par rapport au manga, pas beau du tout. Ca m'a tellement déçu que j'ai regardé en diagonale. L'ambiance dans l'anime est bien retranscrite, le souçis vient des dessins, la censure de certaines scènes qui ont leur valeur et ça s'arrête trop tôt.
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Ouais ben je vais continuer le manga et je vais voir
J'suis sur 20th Century Boys en ce moment à côté d'autres trucs mais ce que tu dis me motive a me plonger dedans crescendo! 
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
AbYss a écrit:Ouais ben je vais continuer le manga et je vais voirJ'suis sur 20th Century Boys en ce moment à côté d'autres trucs mais ce que tu dis me motive a me plonger dedans crescendo!
Tu lis des bons trucs ça fait plaisir. Si tu veux les scans de Berserk en français à partir du tome 18 jusqu'au tome 31, inscris-toi vite fait c'est pas long du tout sur ce site et tu les chopperas : http://www.berserkcrew.com/?page=ddl&PHPSESSID=04ec9e27776927888fd159b032701d90
Pour les volumes précédents, y'a liens américains : http://www.narutocommunity.net/manga/files.php?cat=20
Je voulais te demander, dans l'animé, quand on a la passé de Guts quand il est gamin, elle y est la scène où son père adoptif (gambino) le vend pour 3 pieces à un immonde de l'armée pour une nuit (de viol-). Parce que moi y'a tout plein d'actions ou de scènes qui n'étaient pas dans l'anime.
Dernière édition par le Mer 21 Fév - 3:25, édité 1 fois
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Ash a écrit:AbYss a écrit:Ouais ben je vais continuer le manga et je vais voirJ'suis sur 20th Century Boys en ce moment à côté d'autres trucs mais ce que tu dis me motive a me plonger dedans crescendo!
Je voulais te demander, dans l'animé, quand on a la passé de Guts quand il est gamin, elle y est la scène où son père adoptif (gambino) le vend pour 3 pieces à un immonde de l'armée pour une nuit (de viol-). Parce que moi y'a tout plein d'actions ou de scènes qui n'étaient pas dans l'anime.
Merci pour le lien! Pour la scene avec Gambino pour le coup ca me dit rien mais il y a bien celle ou Gambino veut l'assasiner accusant Guts d'avoir tué sa mère... sous le choc mais obligé de se défendre il le tue et les circonstances font qu'il est accusé à tort et doit fuir le village... j'te dirai si je vois la scène plus tard mais pour l'instant je suis que non.
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
De rien.
La scène se situe avant que Gambino ne meurt. Si tu l'as pas encore vu je crois donc bien qu'elle ait été aussi censuré. En fait Gambino sur un camp de l'armée vend Guts pour la nuit à un porc du même camp (Guts n'est pas au courant). Après le viol subit, le lendemain sur le champ de bataille Guts en profite pour tuer le gars en question qui lui avouera avant que c'est bien son père qui l'a vendu pour 3 pièces. Au départ il y croit pas jusqu'à ce qu'il découvre des années plus tard que si. Ces scènes elles sont dans le manga mais dans l'anime ils les ont censurés. (c'est pour ça aussi que Guts quand il est gosse dit à un gars de la troupe des faucons blancs qui s'épaulent de près contre lui qu'il veut pas qu'on le touche)
La scène se situe avant que Gambino ne meurt. Si tu l'as pas encore vu je crois donc bien qu'elle ait été aussi censuré. En fait Gambino sur un camp de l'armée vend Guts pour la nuit à un porc du même camp (Guts n'est pas au courant). Après le viol subit, le lendemain sur le champ de bataille Guts en profite pour tuer le gars en question qui lui avouera avant que c'est bien son père qui l'a vendu pour 3 pièces. Au départ il y croit pas jusqu'à ce qu'il découvre des années plus tard que si. Ces scènes elles sont dans le manga mais dans l'anime ils les ont censurés. (c'est pour ça aussi que Guts quand il est gosse dit à un gars de la troupe des faucons blancs qui s'épaulent de près contre lui qu'il veut pas qu'on le touche)
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Je viens de vérifier et c'est dans l'épisode 4 que Gambino meurt, rien au sujet du bradage de Guts lol, sans doute cencuré ! (dur quand même)
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Merci de confirmer. Il y a des changements parfois entre l'anime et le manga, à cause de la censure de l'anime (scènes retirées ou bien adouçies). Sinon pour les scans, tu peux y aller car franchement les 31 volumes c'est très fort. Perso j'achète rarement des volumes, et quand j'en achète c'est quand j'ai pas les scans généralement, et pourtant Berserk même en ayant les scans je les achète et je me lasse pas de le relire tranquille en relié. J'ai eu le même effet avec Coq de combat... Y'a des mangas comme ça où tu te sens obligé d'avoir le tome pour en profiter au mieux.
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Ouais moi je suis plus pour le papier quand même... c'est pareil pour les journaux et si j'achete pas tout c'est que des potes m'auront prété la série! J'ai la série Blame par exemple, toujours agréable de relire un tome de temps en temps, d'autres que j'ai acheté par contre m'ont lassé assez vite mais bon on peut pas gagner à tout les coups! Puis avoir le manga c'est aussi récompenser son auteur, comme pour un disque ou un film et même si je n'ai ps forcément le budget pour acheter tout ce que je regarde ça a de l'importance à mes yeux!**
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Ouais voilà, moi par exemple j'achète que le must du must, les grandes oeuvres : Akira/Gunnm/Berserk/Coq de combat/20th Century Boys/Monster ect tu peux mettre les Slam Dunk et GTO mais ça on me les prête...
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
je savais plus quoi lire comme mangas donc je vais tâter celui ci
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Bibooo a écrit:je savais plus quoi lire comme mangas donc je vais tâter celui ci
Les 3 premiers volumes te montrent comment est le perso principal et que fait-il. C'est bien mais c'est surtout après que tout commençe vraiment et que la qualité explose : du volume 4 au 13 tu as tout le passé du gars (après ça repart au présent). Donc mon conseil sur ce grand manga, c'est de lire au moins les 13 premiers volumes.
Sachant qu'après m'être farçi les 31, les trois premiers sont ceux que j'aime le moins finalement.
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Des interviews de l'auteur :
Berserk dénote une certaine passion pour le moyen âge européen. Comment est-elle née et quelle influence a t-elle eu sur votre travail?
Les informations que nous avons au Japon sur la Fantasy occidentale sont un peu bizarres. Je trouve que les Japonais sont sans l'ombre d'un doute le peuple asiatique qui, plus que tout, aime la Fantasy européenne. Ceci est peut être dû à l'histoire de l'après guerre. La vision des valeurs dans ces pays, en occident et autre, a longtemps été passablement erronée: je pense que ceci a été démontré de manière remarquable dans certains styles de Fantasy qui expriment sur le papier certains rêves et images. La plupart des enfants japonais sont plus familiarisée avec les cavaliers en armures qu'avec les samouraïs et leur chonmage (*la coiffure typique des samouraïs, avec une queue de cheval ramenée sur la tête). La Fantasy correspond vraiment à la magie de l'épée. Moi aussi, pour ce que j'arrive à m'en rappeler, j'ai grandi avec cette vision des choses. En dessinant un manga de Fantasy, je voulais réaliser une histoire qui fasse participer le lecteur. Lorsque je me mets à examiner de manière approfondie les impressions émanant de la scène, il m'est naturel de me retrouver dans le moyen âge européen. Naturellement ce n'est pas le vrai moyen âge, mais une image fausse, recrée, de l'Europe de cette époque, qui rencontre beaucoup de succès aujourd'hui dans un pays oriental comme le Japon. Il est problable que les samouraïs ou les ninjas dessinés par un occidental paraîtront bizarres à nos yeux de japonais, mais peut être de même le monde médiéval de Berserk apparaît bizarre aux occidentaux, nêst-ce pas? Plus que ça, je suis surpris de l'accueil reçu par Berserk, pas tant de la part du public moderne japonais à qui il était destiné, mais bien plus de la part des lecteurs des lieux où se déroule l'action, ainsi l'Europe et en particulier l'Italie.
J'ai remarqué aussi des références à des peintres/illustrateurs européens comme Escher (1898 – 1974, illustrateur/mathématicien spécialiste des "illusions spatiales") et Hyeronimus Bosch (1450 – 1516, peintre flamand avec une prédilection pour les représentations monstrueuses). Avez vous "étudié" leurs œuvres?
J'apprécie autant Bosch qu'Escher, de qui je me suis même procuré des oeuvres. En outre, j'apprécie les eaux fortes de Peter "le jeune" Bruegel (*1564 – 1637/8, auteur obsessionnel de représentations de scènes infernales) et Gustave Doré (*1832 – 83, sculpteur, illustrateur et peintre français, célèbre pour ses illustrations de la Divine Comédie de Dante) et dans les illustrations, j'admire Frank Frazetta (*1928, fameux illustrateur de comics américains) et Luis Morrison.
Dans Berserk, il me semble coexister deux filons: celui historique/aventure et celui fantastique/horrifique, toutefois il me semble que le second a pris le dessus. Vous êtes d'accord?
Berserk est avant tout une histoire de Fantasy. Le côté historique s'est inséré pour augmenter la sensation de réalité, pour situer les lecteurs sur le lieu de l'action. Au départ, j'ai fait coexister les deux aspects pour que tous les lecteurs puissent me lire, même ceux qui ne s'intéressent pas particulièrement à la Fantasy et au fantastique. Je ne voulais pas absolument faire une oeuvre pour les seules maniaques.
Le très long flash-back avec l'histoire de la troupe du Faucon permet à l'histoire de "décoller". L'aviez vous prévue depuis le début?
Les mangas pour lesquelles j'ai une prédilection personnelle sont ceux dans lesquels les lecteurs réussissent à "se lier" au personnage, c'est à dire éprouver de la sympathie et de la compassion, s'y identifier. Je pensais qu'il serait mieux de raconter la vie du protagoniste tout d'un trait, dans le but de renforcer l'amour des lecteurs pour Guts… Certes, cela s'est prolongé de manière inattendue! Mais désormais, ce qui est fait est fait. Pourtant, malgré l'inexpérience, je pense avoir donné la bonne tournure à une œuvre qui réussi à créer l'empathie.
Un des points forts de Berserk durant le flash-back c'était justement la richesse des personnages, cela n'a pas été trop difficile de "sacrifier" toute la Troupe du Faucon?
Etrangement, c'est une chose que j'ai faite avec un maximum de sérénité. Se laisser prendre exagérément par certains personnages n'est pas très naturel pour celui qui crée l'œuvre, comme au contraire cela peut l'être pour les lecteurs. Ce qui comptait pour moi, c'était que dans le manga l'apparition de tels personnages avait un sens : il y a des moments pour vivre et des moments où nous sommes confrontés à la mort… Je ne sais pas si cela peut paraître bizarre, mais c'est une chose à laquelle je tenais beaucoup.
Avez vous suivi le travail de l'animé Berserk? Et comment trouvez-vous le résultat final?
Pour la production de la série TV j'ai toujours été mobilisé et pressé par les engagements, mais je ne crois pas qu'on ait gâché de l'argent ou du temps. Dans leurs limites, toutes les personnes engagées dans l'animé ont fait de leurs mieux. Naturellement moi aussi, quant le temps me l'a permis, j'ai collaboré avec plaisir.
Vous avez beaucoup collaboré au jeu vidéo de la Dreamcast...
L'animé est centré sur la Troupe du Faucon, pratiquement seulement sur l'histoire du cavalier noir, le jeu est quelque chose de différent. C'est le premier mix médiatique relatif à Berserk et peut être a t-il bouleversé l'idée qui s'était crée de l'image de Guts en tant que cavalier noir uniquement. Heureusement, par rapport à l'animé j'ai eu plus de temps à ma disposition pour le suivre.
Berserk vous absorbe totalement, pensez-vous que dans le futur vous reviendrez travailler sur Japan (*autre manga de Miura) ou pensez déjà vous à d'autres histoires?
Je n'ai pas l'intention de retourner sur Japan, mais tôt ou tard je voudrais essayer de dessiner quelque chose dans le domaine de la science-fiction. Le grand avantage d'être mangaka consiste justement dans la possibilité de créer des "mondes" toujours différents et qu'on ne trouve pas ailleurs.
Interview de Kentaro Miura par David Castellazzi – à l'origine publié dans Jappamondo* n°3 et successivement réédité dans la Scuola di Fumette* n°8 en février 2003 dans le corps d'un article dédié à Berserk (* Magazines italiens). Source du texte BerserkChronicles. Traduction et adaptation française pour le site BAE par lady Gally, 2006.
------------------
" Dororo est mon manga favori de Tezuka Osamu.
Il a eu une grande influence sur mon travail. Berserk est un amalgame de mes romans et mangas préférés. J'ai toujours désiré créer un monde de fantaisie obscure et grotesque dans lequel des choses tels des monstres et équivalents apparaissent.
Je crois que la grande épée de Guts, le personnage principal, pourrait être une conséquence (de mon désir) de donner aux lecteurs une sensation de réalisme extrême. J'ai conçu les deux personnages principaux ainsi: Guts chemine sur une terre mêlée de sang et de boue, pendant que Griffith, l'adversaire, se tient en hauteur avec des ailes blanches.
J'ai entendu Hirasawa (*le compositeur des musiques de l'animé Berserk) dire "Je pense que l'épée de Guts représente un pénis et les monstres détruits par elle, les organes génitaux féminins." Je pense qu'il a remarqué certaines chose symboliques qui jouent un rôle important dans le développement de l'histoire.
J'ai fait apparaître à Guts, dans le vol. 1, "l'enfant démon" difforme comme un symbole de la "faiblesse" que Guts hait. Mais je pense aussi que "l'enfant" est lié dans mon subconscient à l'image de Griffith (vol. 10 – 12) qui l'a perdu l'usage de son corps à cause des horribles tortures qu'il a subies quant il était encore jeune.
Pour cette raison, je crois, j'ai fait une scène dans laquelle "l'enfant" joue un rôle fondamental à l'instant d'accepter à l'intérieur de lui-même l'esprit de Griffith qui, comme roi démon, obtient ainsi son nouveau corps humain (vol. 21). L'histoire obtient une meilleure épaisseur grâce à ça. Sincèrement, je ne sais pas encore moi-même quant ça finira. Je me limite à dessiner avec ma plume en pensant seulement à ce que je dois faire chaque jour.
Ma façon de dessiner s'améliore-elle avec l'avancée de l'histoire? A présent je sens une insupportable douleur quand je regarde les dessins que j'avais fais au début. Cela pourrait dire que je me suis amélioré. Je pense que c'est une bonne chose de changer continuellement parce que quant la façon de dessiner ne change plus, cela signifie que l'histoire s'est rigidifiée.
Quant je travaille sur les détails, sans m'en apercevoir, je me retrouve à faire plus de lignes. Je pense que je donne une grande importance à la ligne que je trace avec la G pen. Je peux sentir un esprit flamboyant émaner de celle-ci. Un dessin bien fait semble répondre "J'attendais" quant celui qui a dessiné demande " Que pense tu?". J'aime ce genre de manga et je veux dessiner ainsi. "
Extrait d'une interview faite lorsque Miura à obtenu le second prix au Tesuka Osamu Cultural Prize en 2002. Trouvée et traduite du japonais par Puella, pour SK.net, février 2003. Traduction et adaptation française pour le site BAE par lady Gally, 2006.
Berserk dénote une certaine passion pour le moyen âge européen. Comment est-elle née et quelle influence a t-elle eu sur votre travail?
Les informations que nous avons au Japon sur la Fantasy occidentale sont un peu bizarres. Je trouve que les Japonais sont sans l'ombre d'un doute le peuple asiatique qui, plus que tout, aime la Fantasy européenne. Ceci est peut être dû à l'histoire de l'après guerre. La vision des valeurs dans ces pays, en occident et autre, a longtemps été passablement erronée: je pense que ceci a été démontré de manière remarquable dans certains styles de Fantasy qui expriment sur le papier certains rêves et images. La plupart des enfants japonais sont plus familiarisée avec les cavaliers en armures qu'avec les samouraïs et leur chonmage (*la coiffure typique des samouraïs, avec une queue de cheval ramenée sur la tête). La Fantasy correspond vraiment à la magie de l'épée. Moi aussi, pour ce que j'arrive à m'en rappeler, j'ai grandi avec cette vision des choses. En dessinant un manga de Fantasy, je voulais réaliser une histoire qui fasse participer le lecteur. Lorsque je me mets à examiner de manière approfondie les impressions émanant de la scène, il m'est naturel de me retrouver dans le moyen âge européen. Naturellement ce n'est pas le vrai moyen âge, mais une image fausse, recrée, de l'Europe de cette époque, qui rencontre beaucoup de succès aujourd'hui dans un pays oriental comme le Japon. Il est problable que les samouraïs ou les ninjas dessinés par un occidental paraîtront bizarres à nos yeux de japonais, mais peut être de même le monde médiéval de Berserk apparaît bizarre aux occidentaux, nêst-ce pas? Plus que ça, je suis surpris de l'accueil reçu par Berserk, pas tant de la part du public moderne japonais à qui il était destiné, mais bien plus de la part des lecteurs des lieux où se déroule l'action, ainsi l'Europe et en particulier l'Italie.
J'ai remarqué aussi des références à des peintres/illustrateurs européens comme Escher (1898 – 1974, illustrateur/mathématicien spécialiste des "illusions spatiales") et Hyeronimus Bosch (1450 – 1516, peintre flamand avec une prédilection pour les représentations monstrueuses). Avez vous "étudié" leurs œuvres?
J'apprécie autant Bosch qu'Escher, de qui je me suis même procuré des oeuvres. En outre, j'apprécie les eaux fortes de Peter "le jeune" Bruegel (*1564 – 1637/8, auteur obsessionnel de représentations de scènes infernales) et Gustave Doré (*1832 – 83, sculpteur, illustrateur et peintre français, célèbre pour ses illustrations de la Divine Comédie de Dante) et dans les illustrations, j'admire Frank Frazetta (*1928, fameux illustrateur de comics américains) et Luis Morrison.
Dans Berserk, il me semble coexister deux filons: celui historique/aventure et celui fantastique/horrifique, toutefois il me semble que le second a pris le dessus. Vous êtes d'accord?
Berserk est avant tout une histoire de Fantasy. Le côté historique s'est inséré pour augmenter la sensation de réalité, pour situer les lecteurs sur le lieu de l'action. Au départ, j'ai fait coexister les deux aspects pour que tous les lecteurs puissent me lire, même ceux qui ne s'intéressent pas particulièrement à la Fantasy et au fantastique. Je ne voulais pas absolument faire une oeuvre pour les seules maniaques.
Le très long flash-back avec l'histoire de la troupe du Faucon permet à l'histoire de "décoller". L'aviez vous prévue depuis le début?
Les mangas pour lesquelles j'ai une prédilection personnelle sont ceux dans lesquels les lecteurs réussissent à "se lier" au personnage, c'est à dire éprouver de la sympathie et de la compassion, s'y identifier. Je pensais qu'il serait mieux de raconter la vie du protagoniste tout d'un trait, dans le but de renforcer l'amour des lecteurs pour Guts… Certes, cela s'est prolongé de manière inattendue! Mais désormais, ce qui est fait est fait. Pourtant, malgré l'inexpérience, je pense avoir donné la bonne tournure à une œuvre qui réussi à créer l'empathie.
Un des points forts de Berserk durant le flash-back c'était justement la richesse des personnages, cela n'a pas été trop difficile de "sacrifier" toute la Troupe du Faucon?
Etrangement, c'est une chose que j'ai faite avec un maximum de sérénité. Se laisser prendre exagérément par certains personnages n'est pas très naturel pour celui qui crée l'œuvre, comme au contraire cela peut l'être pour les lecteurs. Ce qui comptait pour moi, c'était que dans le manga l'apparition de tels personnages avait un sens : il y a des moments pour vivre et des moments où nous sommes confrontés à la mort… Je ne sais pas si cela peut paraître bizarre, mais c'est une chose à laquelle je tenais beaucoup.
Avez vous suivi le travail de l'animé Berserk? Et comment trouvez-vous le résultat final?
Pour la production de la série TV j'ai toujours été mobilisé et pressé par les engagements, mais je ne crois pas qu'on ait gâché de l'argent ou du temps. Dans leurs limites, toutes les personnes engagées dans l'animé ont fait de leurs mieux. Naturellement moi aussi, quant le temps me l'a permis, j'ai collaboré avec plaisir.
Vous avez beaucoup collaboré au jeu vidéo de la Dreamcast...
L'animé est centré sur la Troupe du Faucon, pratiquement seulement sur l'histoire du cavalier noir, le jeu est quelque chose de différent. C'est le premier mix médiatique relatif à Berserk et peut être a t-il bouleversé l'idée qui s'était crée de l'image de Guts en tant que cavalier noir uniquement. Heureusement, par rapport à l'animé j'ai eu plus de temps à ma disposition pour le suivre.
Berserk vous absorbe totalement, pensez-vous que dans le futur vous reviendrez travailler sur Japan (*autre manga de Miura) ou pensez déjà vous à d'autres histoires?
Je n'ai pas l'intention de retourner sur Japan, mais tôt ou tard je voudrais essayer de dessiner quelque chose dans le domaine de la science-fiction. Le grand avantage d'être mangaka consiste justement dans la possibilité de créer des "mondes" toujours différents et qu'on ne trouve pas ailleurs.
Interview de Kentaro Miura par David Castellazzi – à l'origine publié dans Jappamondo* n°3 et successivement réédité dans la Scuola di Fumette* n°8 en février 2003 dans le corps d'un article dédié à Berserk (* Magazines italiens). Source du texte BerserkChronicles. Traduction et adaptation française pour le site BAE par lady Gally, 2006.
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" Dororo est mon manga favori de Tezuka Osamu.
Il a eu une grande influence sur mon travail. Berserk est un amalgame de mes romans et mangas préférés. J'ai toujours désiré créer un monde de fantaisie obscure et grotesque dans lequel des choses tels des monstres et équivalents apparaissent.
Je crois que la grande épée de Guts, le personnage principal, pourrait être une conséquence (de mon désir) de donner aux lecteurs une sensation de réalisme extrême. J'ai conçu les deux personnages principaux ainsi: Guts chemine sur une terre mêlée de sang et de boue, pendant que Griffith, l'adversaire, se tient en hauteur avec des ailes blanches.
J'ai entendu Hirasawa (*le compositeur des musiques de l'animé Berserk) dire "Je pense que l'épée de Guts représente un pénis et les monstres détruits par elle, les organes génitaux féminins." Je pense qu'il a remarqué certaines chose symboliques qui jouent un rôle important dans le développement de l'histoire.
J'ai fait apparaître à Guts, dans le vol. 1, "l'enfant démon" difforme comme un symbole de la "faiblesse" que Guts hait. Mais je pense aussi que "l'enfant" est lié dans mon subconscient à l'image de Griffith (vol. 10 – 12) qui l'a perdu l'usage de son corps à cause des horribles tortures qu'il a subies quant il était encore jeune.
Pour cette raison, je crois, j'ai fait une scène dans laquelle "l'enfant" joue un rôle fondamental à l'instant d'accepter à l'intérieur de lui-même l'esprit de Griffith qui, comme roi démon, obtient ainsi son nouveau corps humain (vol. 21). L'histoire obtient une meilleure épaisseur grâce à ça. Sincèrement, je ne sais pas encore moi-même quant ça finira. Je me limite à dessiner avec ma plume en pensant seulement à ce que je dois faire chaque jour.
Ma façon de dessiner s'améliore-elle avec l'avancée de l'histoire? A présent je sens une insupportable douleur quand je regarde les dessins que j'avais fais au début. Cela pourrait dire que je me suis amélioré. Je pense que c'est une bonne chose de changer continuellement parce que quant la façon de dessiner ne change plus, cela signifie que l'histoire s'est rigidifiée.
Quant je travaille sur les détails, sans m'en apercevoir, je me retrouve à faire plus de lignes. Je pense que je donne une grande importance à la ligne que je trace avec la G pen. Je peux sentir un esprit flamboyant émaner de celle-ci. Un dessin bien fait semble répondre "J'attendais" quant celui qui a dessiné demande " Que pense tu?". J'aime ce genre de manga et je veux dessiner ainsi. "
Extrait d'une interview faite lorsque Miura à obtenu le second prix au Tesuka Osamu Cultural Prize en 2002. Trouvée et traduite du japonais par Puella, pour SK.net, février 2003. Traduction et adaptation française pour le site BAE par lady Gally, 2006.
Re: [Manga] Berserk ***Seinen 2007*** (Influences...)
Comment est venue l'idée de faire manier à Guts une épée gigantesque ?
J'ai beaucoup insisté sur cette idée, j'ai intensément travaillé sur l'élaboration du canon de son bras et de l'énorme épée. On peut dire qu'un cavalier noir avec un œil en moins est une image plutôt commune. Cependant le canon et l'épée sont mes créations personnelles. Parmi mes amis, c'était à la mode de chercher quelque chose de très particulier ou d'extravagant. Nous étions convaincus que celui qui arriverait à imaginer une telle chose pourrait réussir à être un auteur de manga. Moi aussi je le pensais et il m'est venu l'idée de créer quelque chose d'immense, c'est-à-dire une énorme épée …
Comment est venu le canon ?
Au départ, j'imaginais plutôt quelque chose comme une arbalète. De même pour l'épée, j'avais une idée différente. Je pensais à une épée très tranchante comme un katana. Mais j'ai appris qu'en modifiant sa première vision au moins deux ou trois fois, on peut réaliser quelque chose de plus intéressant. Par exemple, j'ai transformé l'arbalète en un canon. Les histoires de Fantasy ne prenaient alors pas en considération l'époque à laquelle apparaissaient les canons. Il m'a semblait que c'était une nouveauté dans le genre, j'ai décidé de l'employer.
Avez-vous eu l'intention d'établir Berserk dans l'époque où furent introduits les canons?
Au début je fus tenté, mais les parties plus sombres de l'histoire sont de l'époque du haut moyen âge, pendant que celles qui lui confèrent un aspect glorieux se réfèrent à la période représentée par Versailles. Il s'agit de l'union de différentes époques. En définitive, j'en ai créé une nouvelle en réunissant différentes caractéristiques du moyen âge, de son début à sa fin. Par exemple, les scènes de bal à la cour de Midlands étaient typiques de la période finale du moyen âge, pendant que le féodalisme appartient à une époque bien plus ancienne. Même la chasse aux sorcières fait partie du premier moyen âge. Pour les Européens, tout cela apparaîtra étrange, comme pour les Japonais il est amusant de voir des images qui se référent au Japon réalisées par des auteurs étrangers. Pour nous, c'est très bizarre d'entendre des phrases du type : "Wow, un ninja". De toute façon, je suis convaincu de ce choix. Et je ne vise pas à une appréciation mondiale.
Les détails du moyen âge semblent vraiment recherchés. Avez-vous dû vous documenter?
Oui, parce que je voulais que les lecteurs soient vraiment immergés dans l'Europe médiévale. Je me suis surtout inspiré de films. En fait, avant d'entamer Berserk, je ne savais pas quel choix opérer: réaliser un manga historique en suivant exactement les événements réels, ou me lancer dans de la Fantasy pure… En tout cas, ce que j'ai étudié de l'histoire m'est utile maintenant. Il y avait même quelques faits que j'aurais pu employer au début pour mon récit, par exemple je savais que l'époque de Dracula coïncidait avec celle de Jeanne d'Arc, je pensais faire vagabonder Guts à travers l'Europe de cette période.
Pourquoi ne pas avoir utilisé cette idée, réalisant au contraire une histoire de Fantasy?
Je pensais que créer un récit en suivant exactement l'Histoire pouvait limiter mon imagination. Le maître Mitsuteru Yokoyama, qui a réalisé un manga historique, a débuté avec Tetsujin 28 (Super robot 2
et Babil Nisei (Babil Junior). Comme le maître Shotaro Ishinomori, qui s'est souvent voué aux mangas de "vulgarisation" (*mangas dédiés à un sujet spécifique) réalisa Cyborg 009… En suivant leur exemple, j'entends travailler avec mon imaginaire pendant que je suis encore jeune, pour me consacrer aux mangas historiques ou de vulgarisation quand je serai plus âgé.
Ainsi vous avez crée le monde de Berserk en vous basant sur votre imaginaire. Mais y a t-il quelque chose qui vous a suggéré des idées particulières?
J'ai pris des éléments un peu partout. J'ai puisé dans des films comme "Hellraiser" ou "le Nom de la Rose". Et des dessins d'Escher, que j'apprécie depuis longtemps. Les lecteurs de Berserk savent ce genre de choses, parce que j'en ai déjà parlé (*les commentaires apparus dans le Young Animal, la revue où Berserk est publié régulièrement). En outre, je me suis aussi inspiré des fables des frères Grimm.
En travaillant d'imagination, comment construisez-vous la structure du monde de Berserk?
C'est justement quelque chose que je devrais faire de temps en temps (rire). Je n'ai pas encore les idées très claires à cet égard.
Que nous sera-t-il dévoilé de ce monde? Dans le chapitre du souvenir, Griffith devient finalement un membre de la Main de Dieu. Jusqu'à présent l'histoire se passe principalement dans le monde humain, mais il apparaît de plus en plus souvent des créatures monstrueuses. Est-il possible que Dieu ou le Diable soient impliqués dans l'histoire?
Je n'y pense même pas. Si j'utilisais des mots comme "Dieu" et "Diable" le monde que je raconte deviendrait plus limité, privé de profondeur et d'originalité. Dieu et le Diable sont des créatures nées des pensées humaines. Ce discours est semblable au paradoxe de l'œuf et de la poule: lequel des deux est né le premier? L'existence de Dieu et du Diable est un reflet de l'existence humaine. Si je les faisais apparaître dans Berserk ils finiraient par êtres représentés à l'image et à la ressemblance des hommes. J'espère que les lecteurs acceptent cette idée… d'autre part je ne voudrais pas leur imposer ma vision des choses.
Parlons des arts martiaux. Il semble que dans Berserk les scènes de combats soient importantes...
Les arts martiaux me fascinent, mais je ne me suis pas particulièrement documenté en fait. A vrai dire, je dessine en imaginant des batailles de samouraïs ou de cavaliers, et non les arts martiaux tels qu'on les connaît. Je voudrais créer une harmonie entre la réalité et la fonction. Dans mon idée, je voulais que Guts et son épée puissent éliminer quelqu'un d'un seul coup. En réalité, je présume qu'il n'est pas facile de trouver une technique de combat similaire. Bien que j'aie récolté assez de matériel, je ne voudrais pas changer ma première vision des choses. Je désirais dessiner une histoire qui se place entre les mangas de vulgarisation sur les arts martiaux et les dessins animés plus fantaisistes. Je voulais donner la priorité à cette image, même si quelqu'un pourrait protester en disant que certains combats sont trop irréalistes. Je n'insérerais jamais une pirouette en l'air comme dans Hokuto no Ken, mais j'espère que les lecteurs accepteront au moins les scènes dans lesquelles celui qui est frappé explose, pour le reste je ne me sens pas responsable (rire).
Pourtant vous semblez être un véritable expert en arts martiaux, M.Miura. Berserk devrait être une histoire de cape et d'épée, mais dans le combat entre Guts et Griffith, cela s'achève sur un levier articulé...
Je ne sais sincèrement pas qui peut se définir comme un expert. Autour de moi il y a tant de personnes qui s'intéressent aux arts martiaux. Certains les pratiquent même. Par rapport à eux, je ne suis qu'un néophyte (rire). Si j'utilisais toutes les informations sur le sujet en ma possession, peut être pourrais-je en tirer une histoire. Mais, en pensant à ça... je préfère laisser ce champ à d'autres auteurs.
Cependant grâce à ces personnes vous vous y êtes intéressé …
Jusqu'à un certain point. Je préfère tout de même les mangas et les livres parlant d'arts martiaux, plus que leur pratique. Quelques fois, pourtant, j'ai trouvé très marquants certains épisodes de combat. Par exemple, j'ai été ébranlé de la rencontre de boxe entre Holyfield et Tyson. C'était enthousiasmant. Un de mes amis m'a offert la cassette vidéo; en regardant leurs corps à l'instant de la pesée, j'ai été saisi. Dans la catégorie des poids maximums, il n'y en a pas d'autres comme eux (rire). Le modèle du corps de Guts est le même que celui de Holyfield: ses muscles abdominaux sont divisés longitudinalement. Je n'avais jamais vu des abdominaux aussi marqués. Ils doivent s'entraîner d'une manière incroyable.
Lire des BD et des livres fait partie de votre travail. Avez vous d'autres hobbys extérieurs à la création de manga?
J'aime les jeux vidéos ( parce qu'ils demandent peu de temps ) et les jeux de simulation. J'aime aussi les jeux de "filles" (*jeux de relations sentimentales, de drague voir plus) et les jeux d'action. Je dirai que les titres à la mode m'attirent.
Comment organisez-vous votre temps entre le travail et les loisirs? Pouvez vous nous raconter votre journée type?
Je me lève à sept ou huit heures du soir. Je commence à travailler vers huit heures et demie/neuf heures. Après un peu de travail, je mange et ensuite je reprends. La pause suivante est entre trois heures et trois heures et demie. A six heures, je prend mon dernier repas de la journée, pendant laquelle je regarde les programmes de télévision que j'ai enregistrés dans les heures précédentes. Puis ensuite, il y a tellement à faire que je dessine jusqu'à deux ou trois heures de l'après midi. Les jours plus tranquilles, je finis à onze, onze heures et demie le matin. C'est ma journée type.
Décidez-vous aussi de la quantité de travail journalier?
Oui. Quant je ne peux pas finir en un jour, je remets au suivant… Donc, bien que le programme comprenne un jour de libre, je ne réussi jamais à en profiter. D'autre part, si je ne travaillais pas ainsi je serais toujours en retard avec les échéances. Je dessine assez vite au crayon, par contre pour l'encrage il me faut une vie!
Combien de planches dessinez-vous en un jour?
Au crayon, je peux en faire six. Je délivre (*mon travail) deux fois par mois. Je fais le story board à part, donc il est exclu du comptage des deux semaines de travail. Le temps pour le story board m'est garanti à part par le rédacteur, M.Shimada.
Qu'est ce qui est le plus compliqué à faire?
L'encrage. Les heures avant d'aller dormir sont les plus dures. Vers les six heures du matin, j'ai déjà travaillé environ douze heures. A ce moment là, je commence à fatiguer. De toute façon, malgré un travail autant organisé, il me manque toujours du temps. Pour cela, je prévois toujours un moment dans une journée de congé. Généralement cependant, lorsque je dessine au crayon, j'arrive à respecter le programme.
J'ai beaucoup insisté sur cette idée, j'ai intensément travaillé sur l'élaboration du canon de son bras et de l'énorme épée. On peut dire qu'un cavalier noir avec un œil en moins est une image plutôt commune. Cependant le canon et l'épée sont mes créations personnelles. Parmi mes amis, c'était à la mode de chercher quelque chose de très particulier ou d'extravagant. Nous étions convaincus que celui qui arriverait à imaginer une telle chose pourrait réussir à être un auteur de manga. Moi aussi je le pensais et il m'est venu l'idée de créer quelque chose d'immense, c'est-à-dire une énorme épée …
Comment est venu le canon ?
Au départ, j'imaginais plutôt quelque chose comme une arbalète. De même pour l'épée, j'avais une idée différente. Je pensais à une épée très tranchante comme un katana. Mais j'ai appris qu'en modifiant sa première vision au moins deux ou trois fois, on peut réaliser quelque chose de plus intéressant. Par exemple, j'ai transformé l'arbalète en un canon. Les histoires de Fantasy ne prenaient alors pas en considération l'époque à laquelle apparaissaient les canons. Il m'a semblait que c'était une nouveauté dans le genre, j'ai décidé de l'employer.
Avez-vous eu l'intention d'établir Berserk dans l'époque où furent introduits les canons?
Au début je fus tenté, mais les parties plus sombres de l'histoire sont de l'époque du haut moyen âge, pendant que celles qui lui confèrent un aspect glorieux se réfèrent à la période représentée par Versailles. Il s'agit de l'union de différentes époques. En définitive, j'en ai créé une nouvelle en réunissant différentes caractéristiques du moyen âge, de son début à sa fin. Par exemple, les scènes de bal à la cour de Midlands étaient typiques de la période finale du moyen âge, pendant que le féodalisme appartient à une époque bien plus ancienne. Même la chasse aux sorcières fait partie du premier moyen âge. Pour les Européens, tout cela apparaîtra étrange, comme pour les Japonais il est amusant de voir des images qui se référent au Japon réalisées par des auteurs étrangers. Pour nous, c'est très bizarre d'entendre des phrases du type : "Wow, un ninja". De toute façon, je suis convaincu de ce choix. Et je ne vise pas à une appréciation mondiale.
Les détails du moyen âge semblent vraiment recherchés. Avez-vous dû vous documenter?
Oui, parce que je voulais que les lecteurs soient vraiment immergés dans l'Europe médiévale. Je me suis surtout inspiré de films. En fait, avant d'entamer Berserk, je ne savais pas quel choix opérer: réaliser un manga historique en suivant exactement les événements réels, ou me lancer dans de la Fantasy pure… En tout cas, ce que j'ai étudié de l'histoire m'est utile maintenant. Il y avait même quelques faits que j'aurais pu employer au début pour mon récit, par exemple je savais que l'époque de Dracula coïncidait avec celle de Jeanne d'Arc, je pensais faire vagabonder Guts à travers l'Europe de cette période.
Pourquoi ne pas avoir utilisé cette idée, réalisant au contraire une histoire de Fantasy?
Je pensais que créer un récit en suivant exactement l'Histoire pouvait limiter mon imagination. Le maître Mitsuteru Yokoyama, qui a réalisé un manga historique, a débuté avec Tetsujin 28 (Super robot 2
Ainsi vous avez crée le monde de Berserk en vous basant sur votre imaginaire. Mais y a t-il quelque chose qui vous a suggéré des idées particulières?
J'ai pris des éléments un peu partout. J'ai puisé dans des films comme "Hellraiser" ou "le Nom de la Rose". Et des dessins d'Escher, que j'apprécie depuis longtemps. Les lecteurs de Berserk savent ce genre de choses, parce que j'en ai déjà parlé (*les commentaires apparus dans le Young Animal, la revue où Berserk est publié régulièrement). En outre, je me suis aussi inspiré des fables des frères Grimm.
En travaillant d'imagination, comment construisez-vous la structure du monde de Berserk?
C'est justement quelque chose que je devrais faire de temps en temps (rire). Je n'ai pas encore les idées très claires à cet égard.
Que nous sera-t-il dévoilé de ce monde? Dans le chapitre du souvenir, Griffith devient finalement un membre de la Main de Dieu. Jusqu'à présent l'histoire se passe principalement dans le monde humain, mais il apparaît de plus en plus souvent des créatures monstrueuses. Est-il possible que Dieu ou le Diable soient impliqués dans l'histoire?
Je n'y pense même pas. Si j'utilisais des mots comme "Dieu" et "Diable" le monde que je raconte deviendrait plus limité, privé de profondeur et d'originalité. Dieu et le Diable sont des créatures nées des pensées humaines. Ce discours est semblable au paradoxe de l'œuf et de la poule: lequel des deux est né le premier? L'existence de Dieu et du Diable est un reflet de l'existence humaine. Si je les faisais apparaître dans Berserk ils finiraient par êtres représentés à l'image et à la ressemblance des hommes. J'espère que les lecteurs acceptent cette idée… d'autre part je ne voudrais pas leur imposer ma vision des choses.
Parlons des arts martiaux. Il semble que dans Berserk les scènes de combats soient importantes...
Les arts martiaux me fascinent, mais je ne me suis pas particulièrement documenté en fait. A vrai dire, je dessine en imaginant des batailles de samouraïs ou de cavaliers, et non les arts martiaux tels qu'on les connaît. Je voudrais créer une harmonie entre la réalité et la fonction. Dans mon idée, je voulais que Guts et son épée puissent éliminer quelqu'un d'un seul coup. En réalité, je présume qu'il n'est pas facile de trouver une technique de combat similaire. Bien que j'aie récolté assez de matériel, je ne voudrais pas changer ma première vision des choses. Je désirais dessiner une histoire qui se place entre les mangas de vulgarisation sur les arts martiaux et les dessins animés plus fantaisistes. Je voulais donner la priorité à cette image, même si quelqu'un pourrait protester en disant que certains combats sont trop irréalistes. Je n'insérerais jamais une pirouette en l'air comme dans Hokuto no Ken, mais j'espère que les lecteurs accepteront au moins les scènes dans lesquelles celui qui est frappé explose, pour le reste je ne me sens pas responsable (rire).
Pourtant vous semblez être un véritable expert en arts martiaux, M.Miura. Berserk devrait être une histoire de cape et d'épée, mais dans le combat entre Guts et Griffith, cela s'achève sur un levier articulé...
Je ne sais sincèrement pas qui peut se définir comme un expert. Autour de moi il y a tant de personnes qui s'intéressent aux arts martiaux. Certains les pratiquent même. Par rapport à eux, je ne suis qu'un néophyte (rire). Si j'utilisais toutes les informations sur le sujet en ma possession, peut être pourrais-je en tirer une histoire. Mais, en pensant à ça... je préfère laisser ce champ à d'autres auteurs.
Cependant grâce à ces personnes vous vous y êtes intéressé …
Jusqu'à un certain point. Je préfère tout de même les mangas et les livres parlant d'arts martiaux, plus que leur pratique. Quelques fois, pourtant, j'ai trouvé très marquants certains épisodes de combat. Par exemple, j'ai été ébranlé de la rencontre de boxe entre Holyfield et Tyson. C'était enthousiasmant. Un de mes amis m'a offert la cassette vidéo; en regardant leurs corps à l'instant de la pesée, j'ai été saisi. Dans la catégorie des poids maximums, il n'y en a pas d'autres comme eux (rire). Le modèle du corps de Guts est le même que celui de Holyfield: ses muscles abdominaux sont divisés longitudinalement. Je n'avais jamais vu des abdominaux aussi marqués. Ils doivent s'entraîner d'une manière incroyable.
Lire des BD et des livres fait partie de votre travail. Avez vous d'autres hobbys extérieurs à la création de manga?
J'aime les jeux vidéos ( parce qu'ils demandent peu de temps ) et les jeux de simulation. J'aime aussi les jeux de "filles" (*jeux de relations sentimentales, de drague voir plus) et les jeux d'action. Je dirai que les titres à la mode m'attirent.
Comment organisez-vous votre temps entre le travail et les loisirs? Pouvez vous nous raconter votre journée type?
Je me lève à sept ou huit heures du soir. Je commence à travailler vers huit heures et demie/neuf heures. Après un peu de travail, je mange et ensuite je reprends. La pause suivante est entre trois heures et trois heures et demie. A six heures, je prend mon dernier repas de la journée, pendant laquelle je regarde les programmes de télévision que j'ai enregistrés dans les heures précédentes. Puis ensuite, il y a tellement à faire que je dessine jusqu'à deux ou trois heures de l'après midi. Les jours plus tranquilles, je finis à onze, onze heures et demie le matin. C'est ma journée type.
Décidez-vous aussi de la quantité de travail journalier?
Oui. Quant je ne peux pas finir en un jour, je remets au suivant… Donc, bien que le programme comprenne un jour de libre, je ne réussi jamais à en profiter. D'autre part, si je ne travaillais pas ainsi je serais toujours en retard avec les échéances. Je dessine assez vite au crayon, par contre pour l'encrage il me faut une vie!
Combien de planches dessinez-vous en un jour?
Au crayon, je peux en faire six. Je délivre (*mon travail) deux fois par mois. Je fais le story board à part, donc il est exclu du comptage des deux semaines de travail. Le temps pour le story board m'est garanti à part par le rédacteur, M.Shimada.
Qu'est ce qui est le plus compliqué à faire?
L'encrage. Les heures avant d'aller dormir sont les plus dures. Vers les six heures du matin, j'ai déjà travaillé environ douze heures. A ce moment là, je commence à fatiguer. De toute façon, malgré un travail autant organisé, il me manque toujours du temps. Pour cela, je prévois toujours un moment dans une journée de congé. Généralement cependant, lorsque je dessine au crayon, j'arrive à respecter le programme.
Dernière édition par le Dim 7 Jan - 3:01, édité 1 fois
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